20 francs or Cérès : variantes et faux connus
Le 20 francs Cérès compte peu de dates mais plusieurs variétés de coin, à repérer à la loupe ×10. En 1849 et 1851, la date existe serrée ou large : l'écart entre les chiffres change d'un coin à l'autre. En 1850, Cérès porte l'oreille relevée ou l'oreille basse : comparez la hauteur du lobe et de la boucle d'oreille par rapport à la mèche qui passe au-dessus. En 1851, la signature du graveur se lit « L. MERLEY » suivie ou non d'un point ; la version sans point est la moins courante.
Chaque année a aussi ses pièces sur flan bruni, au champ en miroir, frappées pour la présentation et non pour la circulation. Elles sont rares.
Le revers porte aussi deux minuscules symboles, les « différents » : CoinVarieties signale une main et une tête de chien. Sur une pièce douteuse, leur présence et leur netteté sont un bon contrôle.
Comme tous les 20 francs or, la Cérès a été contrefaite. La date 1849 se prête aux retouches à partir d'un 1850 ou d'un 1851 : regardez le dernier chiffre et le champ autour. Les faux en or ont souvent des épis de blé empâtés, des perles du collier peu nettes, un poids un peu hors norme. Contrôlez 6,45 g, 21 mm et une tranche en relief régulière. Voyez le guide pour reconnaître une fausse pièce.
20 francs or Cérès : les pièces à ne pas confondre
Le 10 francs or Cérès reprend la même tête de Merley, mais il pèse moitié moins (3,23 g) et mesure 19 mm : voyez le 10 francs or. Les écus de 5 francs Cérès en argent portent une autre tête de Cérès, sur un grand module de 37 mm (écus de 5 francs).
En 1849, Paris frappe en parallèle le 20 francs Génie, avec une figure ailée qui grave une tablette : même année, même poids, dessin tout autre (20 francs Génie). En 1852, la tête de Cérès cède la place au portrait du président Louis-Napoléon Bonaparte, puis au 20 francs Napoléon III.
Enfin, le 20 francs Coq de 1899-1914 montre aussi une tête de femme, mais coiffée d'un bonnet phrygien, avec un coq au revers : voyez le 20 francs Coq Marianne. Une tête couronnée d'épis, une étoile au-dessus et un faisceau sur le côté désignent sans hésitation la Cérès.
20 francs or Cérès : les états de conservation
La tête de Cérès offre beaucoup de petits reliefs, ce qui rend l'usure lisible. Les premiers points touchés sont les épis de blé au sommet de la couronne et la mèche au-dessus de l'oreille. Viennent ensuite la joue, le chignon et le ruban. Les perles du collier et la boucle d'oreille, petites et en relief, disparaissent vite elles aussi.
En TTB, les grains des épis restent séparés et les perles se comptent. En TB, la couronne forme une masse et le collier devient un simple trait. Au revers, observez les feuilles de chêne et d'olivier : leurs nervures s'effacent avant le contour des feuilles. La légende du revers, près du bord, reste lisible longtemps et ne sert pas à juger l'état.
Les 1851 se trouvent souvent en TTB et SUP, avec des marques de contact dans les champs. Ne nettoyez pas la pièce : le brillant d'origine ne revient pas. Voyez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
20 francs or Cérès : histoire
La révolution de février 1848 renverse Louis-Philippe et proclame la IIe République. Les nouvelles autorités veulent des monnaies à leur image et mettent les modèles en compétition entre graveurs ; la sélection se clôt le 31 octobre 1848. La tête de Cérès de Louis Merley l'emporte pour l'or. En attendant, Paris frappe en 1848 et 1849 des 20 francs au Génie, sur un dessin de la Révolution.
La Cérès est mise en fabrication en 1849, à petite échelle, puis par millions en 1850 et 1851. Ces tirages profitent de l'or de Californie, découvert en 1848, qui afflue alors en Europe. Le poids et le titre restent ceux fixés en 1803 : 6,45 g d'or à 900 millièmes.
Le coup d'État du 2 décembre 1851 met fin à la République. Dès 1852, le portrait du prince-président remplace Cérès sur les 20 francs or, avant l'Empire. Les Cérès continuent de circuler jusqu'en 1914. Voyez les monnaies du XIXe siècle.