# 20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia

> Ces trois pièces d'or ont le même poids, le même titre et le même diamètre que le 20 francs français : 6,45 g d'or à 900 millièmes pour 21 mm. Elles ont été frappées par la Belgique, l'Italie et la Suisse selon les règles de l'Union monétaire latine et circulaient indifféremment dans les pays membres. On les distingue au portrait et à la légende : un roi des Belges, un roi d'Italie ou la tête d'Helvetia.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Pays | Belgique, Italie, Suisse |
| Métal | Or 900 ‰ (10 % de cuivre) |
| Poids | 6,45 g (6,4516 g) |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | Belgique : 1865-1882 et 1914 ; Italie : 1861-1897 pour les deux règnes présentés ; Suisse Helvetia : 1883-1896 |
| Ateliers | Bruxelles (Belgique) ; Turin, Milan et Rome (Italie, lettres T, M et R) ; Berne (Suisse) |
| Graveur | Wiener, Devreese, Ferraris, Speranza, Walch et Bühler selon le type |
| Tranche | Selon le pays et la période |
| Références | Italie 1875 R : KM 10.2, Pagani 472 ; Belgique 1914 : Morin 281 (légende française) et 282 (légende flamande) |

## 20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : reconnaître la pièce

- **Avers** : Belgique : tête du roi à droite, « LEOPOLD II ROI DES BELGES » (ou « LEOPOLD PREMIER » sur le type de 1865), signature « L. WIENER » ; en 1914, « ALBERT ROI DES BELGES » ou « ALBERT KONING DER BELGEN ». Italie : tête du roi à gauche, « VITTORIO EMANUELE II » puis « UMBERTO I RE D'ITALIA ». Suisse : tête d'Helvetia au diadème marqué « LIBERTAS », légende « CONFOEDERATIO HELVETICA ».
- **Revers** : Belgique : armoiries couronnées avec la valeur faciale « 20 FRANCS » et le millésime. Italie : armoiries de Savoie couronnées, « REGNO D'ITALIA », « L. 20 », lettre d'atelier. Suisse : écu à croix surmonté d'une étoile, dans une couronne de chêne et d'olivier, avec « 20 FR » et la date.
- **Tranche** : Différente selon le pays : inscription en relief pour la Belgique et l'Italie, cannelée ou inscrite pour la Suisse selon les années.
- **Graveur** : Belgique : Léopold Wiener (Léopold Ier et Léopold II), Godefroid Devreese (Albert Ier, 1914). Italie : Giuseppe Ferraris (Victor-Emmanuel II), Filippo Speranza (Humbert Ier). Suisse : Albert Walch et Christian Bühler pour le dessin, coins gravés par Karl Schwenzer.

## 20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : millésimes et tirages

Identifiez d'abord le **pays**, puis le **souverain** et la date. Les 20 francs de Léopold II et les 20 lires d'Humbert Ier sont frappés par millions et forment l'essentiel des lots. Les faibles tirages se trouvent dans les premières années italiennes, à Rome sous Victor-Emmanuel II, et dans la série suisse Helvetia, avec deux années quasi introuvables.

| Année | Pays et type | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| 1861 | Italie, Victor-Emmanuel II | T | 3 267 | Première année du royaume d'Italie. |
| 1865 | Belgique, Léopold Ier | Bruxelles | 1 558 413 | Seul type de Léopold Ier à 20 francs. |
| 1867 | Belgique, Léopold II, grosse barbe | Bruxelles | 1 341 307 | Premier portrait de Léopold II. |
| 1870 | Belgique, Léopold II | Bruxelles | 3 191 203 | Courant. |
| 1873 | Italie, Victor-Emmanuel II | R | n. c. | Date romaine très rare. |
| 1875 | Italie, Victor-Emmanuel II | R | 51 000 | Faible tirage. |
| 1877 | Belgique, Léopold II, barbe fine | Bruxelles | 5 906 070 | Plus fort tirage belge. |
| 1882 | Belgique, Léopold II | Bruxelles | 522 000 | Dernière date de Léopold II. |
| 1882 | Italie, Humbert Ier | R | n. c. | Date la plus courante du règne. |
| 1883 | Suisse, Helvetia | Berne | 250 000 | Première année du type. |
| 1887 | Suisse, Helvetia | Berne | 176 | Grande rareté. |
| 1888 | Suisse, Helvetia | Berne | 4 224 | Très faible tirage. |
| 1893 | Italie, Humbert Ier | R | 41 214 | Date peu fréquente. |
| 1893 | Suisse, Helvetia (or de Gondo) | Berne | 25 | Petit poinçon sur l'écu. |
| 1895 | Suisse, Helvetia (or de Gondo) | Berne | 19 | Même marque. |
| 1896 | Suisse, Helvetia | Berne | 400 000 | Dernière et plus forte année. |
| 1914 | Belgique, Albert Ier | Bruxelles | 125 000 | Légende française ou flamande ; tirage global des deux. |

Tirages belges d'après StashOfCoins et CoinVarieties (recoupés pour 1875, 1876 et 1882) et Numisview pour 1914 ; italiens d'après CoinVarieties (1875 R), NumisBids (1861 T) et CollectorsKey (1893) ; suisses d'après Kettner Edelmetalle et Bdor, qui concordent. Le tableau est une sélection : il ne reprend pas toutes les dates.

## Variétés et faux connus

**Belgique.** Le portrait de Léopold II existe en deux versions : une barbe épaisse et grossière sur les premières années (1867-1870), puis une barbe plus fine à partir des années 1870. Certaines dates existent en position A et en position B, selon l'orientation du revers par rapport à l'avers. En 1914, Albert Ier fait frapper un unique millésime, en légende française ou flamande. Une variété de 1865 porte la signature fautive « L. WINNER ».

**Italie.** Sous Victor-Emmanuel II, la lettre d'atelier (T pour Turin, M pour Milan, R pour Rome) s'accompagne à Turin et Milan du monogramme « BN » de la Banca Nazionale. Sous Humbert Ier, toutes les pièces viennent de Rome. Les dates 1884, 1889, 1891, 1893 et 1897 sont signalées comme rares.

**Suisse.** Les Helvetia de 1893 et 1895 frappés avec l'or de la mine de Gondo, en Valais, se reconnaissent à un petit poinçon au centre de l'écu et à un or plus clair.

Les dates rares italiennes sont très souvent contrefaites, et une partie des exemplaires proposés seraient faux. Les faux d'époque ou récents peuvent contenir de l'or. Vérifiez poids et diamètre, la netteté de la tranche et la cohérence entre date, souverain et lettre d'atelier : un Humbert Ier marqué T ou M est suspect. Voir le guide [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

## Ne pas confondre avec

**Le 20 francs suisse Vreneli.** Successeur de l'Helvetia à partir de 1897 : jeune femme à la tresse devant les Alpes, avec « HELVETIA ». Voir le [20 francs Vreneli](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-suisse-vreneli/).

**Les 20 lires de Sardaigne.** Avant 1861, Victor-Emmanuel II frappe déjà des 20 lires au même étalon, mais comme roi de Sardaigne : la légende ne porte pas « REGNO D'ITALIA ».

**Les 20 lires de Victor-Emmanuel III.** Frappés au XXe siècle, avec un autre portrait et d'autres revers ; plusieurs dates sont à très faible tirage.

**Les autres pièces au même étalon.** La Grèce, membre de l'Union à partir de 1868, a frappé des 20 drachmes ; l'Autriche-Hongrie, des 8 florins équivalant à 20 francs ; Monaco, des 20 francs à l'effigie de ses princes. Ces pièces ont le même module.

**Le 20 francs français.** Même module encore, mais avec « REPUBLIQUE FRANÇAISE » ou le nom de l'empereur : voyez le [20 francs Génie](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-genie/), le [20 francs Napoléon III](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/) et le [20 francs Coq](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-coq-marianne/).

## Les états de conservation de cette pièce

Sur les **belges**, regardez la barbe et les cheveux de Léopold II au-dessus de l'oreille, puis la couronne et la crinière des lions du revers. Sur les **italiens**, la moustache et l'impériale de Victor-Emmanuel II, ou la moustache et les cheveux d'Humbert Ier, sont les premiers points à s'aplatir ; au revers, la croix de Savoie et le collier de l'ordre autour de l'écu perdent leur dessin. Sur l'**Helvetia**, la chevelure, le diadème et les feuilles de la couronne du revers sont les repères.

Ces pièces ont beaucoup circulé avant 1914 et ont souvent été montées en bijou : traces de soudure sur la tranche, anneau retiré, coups. Le brillant de frappe, ce lustre qui tourne dans le champ quand on incline la pièce, disparaît vite sur l'or circulé. Les rayures fines et parallèles trahissent un nettoyage. Pour une date courante, ces défauts comptent peu ; pour une date rare, ils pèsent lourd. Lisez le guide [nettoyer une pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/nettoyer-une-piece/) et l'échelle du guide [états de conservation](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/etats-de-conservation/).

## Histoire

Dans les années 1860, la France, la Belgique, la Suisse et l'Italie ont déjà des monnaies très proches, toutes héritées du franc germinal. La convention signée à Paris le 23 décembre 1865 fonde l'Union monétaire latine : les membres frappent leurs pièces d'or et d'argent aux mêmes poids et titres, et chaque État accepte celles des autres dans ses caisses publiques. La Grèce adhère en 1868.

Le 20 francs or est la pièce phare du système. La Belgique en frappe sous Léopold Ier puis massivement sous Léopold II, l'Italie sous Victor-Emmanuel II puis Humbert Ier, la Suisse avec l'Helvetia de 1883 à 1896 puis le Vreneli. Le surnom de « napoléon », donné en France à toutes ces pièces, et celui de « marengo », employé en Italie, témoignent de cette circulation commune.

La Première Guerre mondiale met fin à la convertibilité en or, et l'Union est dissoute en 1927. Beaucoup de pièces ont ensuite dormi dans les réserves bancaires et les familles, d'où leur fréquence actuelle. Voir aussi les [monnaies en or](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-or/) et les [monnaies étrangères](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-etrangeres/).

## 20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia à Strasbourg

Jusqu'en 1871, l'Alsace était française et appartenait donc à l'espace de l'Union latine : les 20 francs belges, italiens et suisses pouvaient y circuler aux côtés des pièces françaises. Pendant l'annexion, de 1871 à 1918, ce sont les marks qui servent aux paiements. On retrouve aujourd'hui ces pièces dans les successions alsaciennes, souvent mêlées aux [20 francs Napoléon III](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-iii/) et aux [20 marks](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-marks-or/).

## Questions fréquentes

### Un 20 francs belge ou une 20 lires contient-il autant d'or qu'un 20 francs français ?

Oui. Toutes ces pièces suivent le même étalon : 6,45 g à 900 millièmes, soit 5,806 g d'or fin, pour 21 mm de diamètre.

### Où est la lettre d'atelier sur une 20 lires ?

Au revers, près de la valeur faciale. T indique Turin, M Milan, R Rome. Sous Humbert Ier, toutes les pièces portent R.

### Comment distinguer un 20 francs Helvetia d'un Vreneli ?

L'Helvetia (1883-1896) montre une tête au diadème marqué « LIBERTAS » avec la légende « CONFOEDERATIO HELVETICA ». Le Vreneli (à partir de 1897) montre une jeune femme à la tresse devant des montagnes, avec « HELVETIA ».

### Mon 20 francs belge de 1914 est-il rare ?

C'est le seul millésime d'Albert Ier, frappé à 125 000 exemplaires en tout, ce qui le rend bien moins courant que les Léopold II. Une estimation gratuite permet de vérifier son authenticité et son état.

## Sources

- Wikipédia (it), Marengo (moneta)
- Bdor, 20 francs suisse 1883 à 1896
- Kettner Edelmetalle, 20 Franken Helvetia
- CoinVarieties, Italy 1875-R 20 lire
- CoinVarieties, Belgium 1882 20 francs
- StashOfCoins, Belgium 20 francs 1867
- Numisview, 1914 Albert I 20 Francs
- CollectorsKey, 1893 20 lire Umberto I
- NumisBids, 20 lire 1861 Turin

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Source : https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-union-latine/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – STRASBOURG, Maison Or & Bijoux Strasbourg, 30 rue de Rathsamhausen, 67100 Strasbourg, 03 88 41 87 32. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
