# 40 francs or

> Le 40 francs or est le double du 20 francs : 12,90 g d'or à 900 millièmes, 26 mm de diamètre. Créé avec le franc germinal en 1803, il a été frappé sous Bonaparte, Napoléon Ier, Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, puis abandonné après 1839. On le reconnaît d'un coup d'œil à sa taille, nettement plus grande que celle d'un napoléon, et à la mention « 40 FRANCS » au revers.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Or 900 ‰ |
| Poids | 12,90 g |
| Or fin | 11,613 g |
| Diamètre | 26 mm |
| Années de frappe | An XI (1803) à 1839 |
| Types | Onze au catalogue Le Franc : six de Bonaparte et Napoléon Ier, un de Louis XVIII, trois de Charles X, un de Louis-Philippe |
| Ateliers | A (Paris) surtout ; aussi B (Rouen), H (La Rochelle), I (Limoges), K (Bordeaux), L (Bayonne), M (Toulouse), MA (Marseille), Q (Perpignan), U (Turin), W (Lille), CL (Gênes) |
| Tirage par type | Premier Consul 479 521 ; Empire 1809-1813 : 2 101 580 ; Louis XVIII 539 486 ; Charles X 478 824 ; Louis-Philippe 775 252 (BDOR) |
| Graveur | Tiolier, Droz, Michaut, Domard selon le règne |
| Tranche | « DIEU PROTEGE LA FRANCE » ou « DOMINE SALVUM FAC REGEM » |
| Références | Le Franc F.536 à F.546 ; Gadoury 1092 (Louis XVIII), 1105 (Charles X, 2e type) ; KM 652, 696, 713, 721, 747 |

## 40 francs or : reconnaître la pièce

- **Avers** : Le portrait du souverain, avec sa légende : « BONAPARTE PREMIER CONSUL » (an XI-an 12), « NAPOLEON EMPEREUR » (an 13-1813), « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE », « CHARLES X ROI DE FRANCE », puis « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS ». Napoléon apparaît tête nue jusqu'en 1807, puis lauré.
- **Revers** : Sous le Consulat et l'Empire : « 40 FRANCS » et la date dans une couronne, légende « REPUBLIQUE FRANÇAISE » jusqu'en 1808, « EMPIRE FRANÇAIS » ensuite. Sous Louis XVIII et Charles X : l'écu de France couronné entre deux branches, avec « 40 F. ». Sous Louis-Philippe : « 40 FRANCS » et la date dans une couronne. La lettre d'atelier figure sous la date ou sous l'écu.
- **Tranche** : « DIEU PROTEGE LA FRANCE » sous Napoléon et Louis-Philippe ; « DOMINE SALVUM FAC REGEM » (Seigneur, sauvez le roi) sous Louis XVIII et Charles X. En 1830, Charles X a aussi une tranche en relief, plus rare que la tranche en creux.
- **Graveur** : Pierre-Joseph Tiolier pour le Premier Consul ; Jean-Pierre Droz pour les types impériaux ; Auguste-François Michaut pour Louis XVIII et Charles X ; Joseph-François Domard pour Louis-Philippe.

## 40 francs or : millésimes et tirages

Le tableau suit l'ordre des règnes. Deux années fournissent à elles seules une grande part des pièces rencontrées : **1811 A** et **1812 A**. Les dates à surveiller sont celles de la Restauration, où certaines années n'ont été frappées qu'à quelques centaines d'exemplaires : **1822 A**, **1823 A**, **1826 A** et **1827 A**.

| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
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| An XI | A | 226 115 | Premier Consul ; variétés avec ou sans olive |
| An 12 | A | 253 406 | Premier Consul, dernière année |
| An 13 - An 14 | A, U, W | 372 696 (total du type) | Tête nue, calendrier révolutionnaire ; détail par atelier n. c. |
| 1806 - 1807 | A, I, M, U, W | 291 584 (total du type) | Tête nue, puis type transitoire en 1807 |
| 1807 | U | 619 | Turin, type transitoire ; Coinvarieties donne 613 |
| 1807 - 1808 | A, H, M, U, W | 71 866 (total du type) | Tête laurée, revers République |
| 1809 | A | 12 779 | Premier revers « EMPIRE FRANÇAIS » |
| 1809 | M | 1 402 | Toulouse |
| 1810 | K | 886 | Bordeaux, date la plus rare du type Empire |
| 1810 | W | 57 478 | Lille |
| 1811 | A | 1 261 764 | Plus fort tirage de toute la série |
| 1811 | K | 6 333 | Bordeaux |
| 1812 | A | 692 625 | Courante |
| 1813 | A | 44 895 | Dernière année de Napoléon pour ce module |
| 1813 | CL | 3 070 | Gênes |
| 1816 | A | 41 073 | Louis XVIII, première année |
| 1816 | B | 767 | Rouen |
| 1818 | W | 352 878 | Plus fort tirage de Louis XVIII |
| 1822 | A | 373 | Très faible tirage |
| 1823 | A | 161 | Date la plus rare de Louis XVIII ; Le Franc donne 155 |
| 1824 | A | 15 200 | Louis XVIII, existe avec trois points ou sans point |
| 1824 | A | 50 090 | Charles X, 1er type |
| 1826 | A | 62 | Charles X, 2e type ; extrêmement rare |
| 1827 | A | 106 | Extrêmement rare |
| 1830 | A | 353 112 | Date courante de Charles X ; « 3 » aligné ou abaissé |
| 1830 | A | 1 324 | Tranche en relief (F.545) |
| 1830 | MA | 1 026 | Seul 40 francs frappé à Marseille |
| 1831 | A | 62 563 | Louis-Philippe, première année |
| 1832 | B | 3 947 | Rouen |
| 1834 | A | 331 495 | Date la plus fréquente de Louis-Philippe |
| 1834 | L | 12 451 | Bayonne |
| 1835 | A | 7 450 | Faible tirage |
| 1839 | A | n. c. | Dernière année de frappe du 40 francs |

Tirages d'après les tableaux BDOR par type ; listes des millésimes et ateliers concordant avec le catalogue Le Franc (F.536 à F.546). Recoupements avec Coinvarieties : 1811 A (1 260 360), 1807 U (613), 1823 A (155, d'après Le Franc 10), 1830 A (380 612), 1834 A (301 979) ; les écarts sont signalés pour relecture. Les types de 1804 à 1808 ne sont donnés qu'en total, faute de détail fiable par atelier.

## Un double napoléon sur trente-six ans

La loi du 7 germinal an XI prévoit deux pièces d'or : le 20 francs et le 40 francs, taillé à 77,5 pièces au kilogramme. Le 40 francs suit fidèlement les changements de dessin du 20 francs sous le Consulat et l'Empire : Premier Consul, tête nue, type transitoire, tête laurée avec revers République, puis revers Empire de 1809 à 1813. Il n'existe pas de 40 francs des Cent-Jours.

Louis XVIII reprend le 40 francs en 1816, avec ses armes au revers et une tranche latine. Charles X le fait frapper de 1824 à 1830 en deux types de portrait. Louis-Philippe le conserve de 1831 à 1839, essentiellement à Paris. Après 1839, le 40 francs n'est plus frappé : le Second Empire préférera ajouter des pièces de 50 et 100 francs, voyez le [50 francs or](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/50-francs-or/) et le [100 francs or](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/100-francs-or/).

Au total, la série dépasse à peine 5 millions de pièces, bien moins que les 20 francs de la même époque. On le rencontre donc moins souvent dans les successions.

## Variantes et faux connus

Les variétés les plus suivies tiennent à la tranche et aux petits signes du revers. En **1830**, Charles X existe avec une tranche en creux, une tranche en relief (1 324 pièces) et une tranche lisse, dont le tirage n'est pas connu. En 1811 à Paris, certaines pièces ont une lettre d'atelier regravée sur le coq, et d'autres une inscription de tranche mal placée faute de place. Sur l'an XI, BDOR distingue des revers avec ou sans olive et une variété sans point après le coq. En 1824, Louis XVIII existe avec trois points, un point ou aucun point après la légende.

Le module de 26 mm et les faibles tirages de la Restauration ont attiré les contrefacteurs. Un faux se trahit souvent par un poids décalé, des lettres de tranche irrégulières, un relief mou sur la chevelure ou des champs granuleux. Une date rare comme 1823, 1826 ou 1827 doit être examinée chiffre par chiffre : une retouche sur une date courante est une manœuvre classique. Les repères à vérifier en premier : 12,90 g et 26 mm. Le [guide pour reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/) donne la méthode.

## Ne pas confondre avec

Le [20 francs Napoléon Ier](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-napoleon-ier/) et les [20 francs de la Restauration et de Louis-Philippe](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/20-francs-or-restauration-louis-philippe/) portent les mêmes portraits. Ils pèsent 6,45 g pour 21 mm : posée à côté, la différence de taille saute aux yeux, et le revers indique « 20 FRANCS » ou « 20 F. ».

Le [50 francs or](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/50-francs-or/) de Napoléon III et de la IIIe République mesure 28 mm pour 16,13 g ; sa légende et sa date, postérieures à 1855, l'en distinguent sans hésitation. Le [double louis](https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/louis-d-or/) de l'Ancien Régime a un format voisin, mais il porte une légende latine et une date antérieure à 1793.

Enfin, plusieurs pays de l'époque ont frappé des pièces de 40 en or au même standard, comme les 40 lire d'Italie ou de Parme. Leur légende n'est pas française et leur atelier n'est pas dans la liste ci-dessus.

## Les états de conservation de cette pièce

Sur le portrait, l'usure touche d'abord la **chevelure au-dessus de l'oreille** et la joue. Sur les types lauréés de Napoléon, les feuilles de laurier perdent leurs nervures, puis se confondent. Sur Louis XVIII et Charles X, regardez les mèches sur la tempe et le front. Sur Louis-Philippe, les boucles de la nuque.

Au revers, la couronne de feuillage sous Napoléon et Louis-Philippe, ou l'écu couronné sous la Restauration, sont les meilleurs repères : les fleurs de lis de l'écu et les perles de la couronne s'effacent vite. Le 40 francs, plus lourd, a souvent circulé dans des sacs avec d'autres pièces : chocs sur le listel et marques dans les champs sont fréquents et comptent dans la note d'état.

Une pièce montée en bijou, percée ou soudée perd beaucoup de son intérêt pour un collectionneur. Montrez-la telle quelle, sans la nettoyer : voyez le [guide des états de conservation](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/etats-de-conservation/) et [pourquoi ne pas nettoyer une pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/nettoyer-une-piece/).

## Histoire

Le 40 francs naît de la même loi que le franc germinal. Le Consulat veut une monnaie stable après les assignats, avec un rapport fixe entre l'or et l'argent. Le 40 francs sert alors aux paiements importants, là où le 20 francs suffit au quotidien.

Sous l'Empire, la carte des ateliers suit les conquêtes : Turin frappe des 40 francs dès l'an 14, Gênes en 1813. Sous la Restauration, Lille produit en 1818 le plus gros tirage de Louis XVIII. Sous Louis-Philippe, la production se concentre à Paris, avec de petites frappes à Rouen et Bayonne. Les dernières pièces, datées 1839, clôturent la série.

Pour replacer la pièce dans son époque, voyez les [monnaies françaises du XIXe siècle](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/) et les autres [monnaies en or](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-or/).

## 40 francs or à Strasbourg

Aucun 40 francs n'est répertorié à la lettre BB de Strasbourg dans le catalogue Le Franc : la série a été frappée surtout à Paris, avec quelques ateliers de province, d'Italie et Marseille en 1830. En Alsace comme ailleurs, ces pièces sont arrivées par la circulation et l'épargne familiale. Un 40 francs portant BB doit donc être vérifié avec soin. Pour l'histoire de l'atelier local, voyez les [monnaies de Strasbourg](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-strasbourg/).

## Questions fréquentes

### Comment distinguer un 40 francs d'un 20 francs ?

Par la taille et le poids : 26 mm et 12,90 g pour le 40 francs, 21 mm et 6,45 g pour le 20 francs. Le revers indique aussi « 40 FRANCS » ou « 40 F. ».

### Quelles dates de 40 francs sont rares ?

Sous Charles X, 1826 A (62 pièces) et 1827 A (106) ; sous Louis XVIII, 1823 A (161) et 1822 A (373) ; sous Napoléon, 1810 K (886) et 1807 U (619). La tranche en relief de 1830 est aussi recherchée.

### Existe-t-il des 40 francs après Louis-Philippe ?

Non. Le dernier millésime est 1839. Les grosses pièces d'or suivantes sont les 50 et 100 francs, à partir de 1855.

### Pourquoi ma pièce porte-t-elle une inscription latine sur la tranche ?

« DOMINE SALVUM FAC REGEM » signifie « Seigneur, sauvez le roi ». Elle figure sur les 40 francs de Louis XVIII et de Charles X.

## Sources

- Le Franc, liste des 40 francs or (F.536 à F.546)
- Le Franc, 40 francs Napoléon tête laurée Empire (F.541)
- Le Franc, 40 francs Louis-Philippe (F.546)
- BDOR, les 40 francs or (totaux par type)
- BDOR, 40 francs Bonaparte an XI-an 12
- BDOR, 40 francs Napoléon 1809-1813
- BDOR, 40 francs Louis XVIII
- BDOR, 40 francs Charles X
- BDOR, 40 francs Louis-Philippe
- Coinvarieties, France 1811-A 40 francs
- Coinvarieties, France 1807-U 40 francs
- Coinvarieties, France 1823-A 40 francs
- Coinvarieties, France 1830-A 40 francs
- Wikipédia, Napoléon (pièce de monnaie), loi du 7 germinal an XI

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Source : https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/40-francs-or/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – STRASBOURG, Maison Or & Bijoux Strasbourg, 30 rue de Rathsamhausen, 67100 Strasbourg, 03 88 41 87 32. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
