2, 3 et 5 marks en argent de l'Empire allemand : variétés et faux connus
Trois familles se côtoient. Les pièces de circulation, d'abord, au portrait du souverain ou aux armoiries d'une ville libre : ce sont de loin les plus nombreuses. Les commémoratives, ensuite, frappées pour un jubilé, des noces, un décès ou un anniversaire d'université : elles sont reconnaissables à leur avers inhabituel, avec deux portraits, un bâtiment ou une scène, et à une double date. Enfin les épreuves, frappées avec soin à quelques centaines d'exemplaires, au champ miroir.
Le 3 marks n'apparaît qu'en 1908, quand la loi du 19 mai 1908 crée cette dénomination pour remplacer l'ancien thaler, qui valait justement trois marks. Il n'existe donc aucun 3 marks d'Empire daté d'avant 1908. Le 5 marks de Prusse 1913-1914 au buste en uniforme pose souvent question : il ne porte pas de date anniversaire, mais il a été émis pour les 25 ans de règne de Guillaume II.
Les faux visent surtout les commémoratives à faible tirage et les petits États : Saxe 1917, Bavière 1918, Wurtemberg 1916, Waldeck ou Saxe-Cobourg. Il s'agit souvent de copies coulées, au relief mou et au grain irrégulier, ou de frappes modernes en métal argenté. Vérifiez le poids, le diamètre et la tranche : une inscription « GOTT MIT UNS » floue ou une cannelure irrégulière doivent alerter. Le guide reconnaître une fausse pièce détaille ces contrôles.
2, 3 et 5 marks en argent de l'Empire allemand : les pièces à ne pas confondre
Les pièces de la République de Weimar. À partir de 1924, l'Allemagne frappe de nouvelles pièces d'argent de 3 et 5 marks puis Reichsmark, au titre de 500 millièmes. L'aigle du revers n'a plus de couronne, et il n'y a plus de souverain à l'avers.
Les 2 et 5 Reichsmark du Troisième Reich. Frappés dans les années 1930 en argent à 625 millièmes, ils portent Hindenburg, l'église de la garnison de Potsdam ou un aigle à croix gammée. Leur mention « REICHSMARK » les distingue immédiatement.
Le thaler d'avant 1871. Les thalers de Prusse et des autres États portent « EIN THALER » ou « VEREINSTHALER » et non une dénomination en marks. Ils ont circulé à côté des marks jusqu'en 1907, à raison de trois marks pour un thaler.
Le 1 mark et le demi-mark. Mêmes dessins à l'aigle, mais l'avers est commun à tout l'Empire et la pièce est bien plus petite.
Le 5 francs écu. Même diamètre et même titre que le 5 marks, mais avec une légende en français : voyez le 5 francs en argent.
2, 3 et 5 marks en argent de l'Empire allemand : les états de conservation
L'argent s'use plus vite que l'or, et ces pièces ont beaucoup circulé : la plupart des 2 et 5 marks courants montrent une usure nette. Sur les portraits de Guillaume II, regardez la moustache, les cheveux au-dessus de l'oreille et, pour le buste en uniforme, l'épaulette et les décorations. Sur Othon de Bavière ou Guillaume Ier, la barbe et la pommette sont les premiers points à s'aplatir.
Au revers, l'aigle s'efface par le plastron, l'écu de poitrine et le haut des ailes. La couronne au-dessus de la tête garde longtemps sa forme mais perd ses perles. Une pièce peu circulée conserve un lustre gris argenté dans le champ.
L'argent noircit : une patine grise ou irisée est normale et ne doit pas être enlevée. Beaucoup de 5 marks ont été frottés au produit ménager, ce qui laisse un aspect blanc et terne et des micro-rayures. Une pièce nettoyée perd son intérêt pour un collectionneur, quel que soit son tirage : lisez le guide nettoyer une pièce avant d'y toucher. L'échelle d'usure est expliquée dans le guide états de conservation.
2, 3 et 5 marks en argent de l'Empire allemand : histoire
L'unification monétaire allemande suit de peu la proclamation de l'Empire. La loi monétaire du 9 juillet 1873 fait du mark l'unité de compte commune et adosse le système à l'or. L'argent ne sert plus que pour la monnaie divisionnaire : 5 grammes d'argent fin par mark, au titre de 900 millièmes, et une limite de paiement fixée à 20 marks. Les premières pièces de 5 marks sont datées 1874, les premiers 2 marks 1876.
Comme pour l'or, le système est fédéral. L'Empire fixe le revers à l'aigle, le métal et le poids, mais chaque État signe l'avers de son souverain ou de ses armoiries. Les grands États frappent dans leurs propres ateliers ; les petits passent commande à Berlin, Munich ou Dresde. C'est ce qui donne aux collectionneurs des centaines de variétés et des tirages parfois minuscules.
La guerre met fin à la série. Les 2 et 5 marks cessent d'être frappés en 1915, et seules quelques commémoratives de 3 marks sont encore produites jusqu'en 1918. Pour les pièces de la même époque, voyez aussi les monnaies en argent et les monnaies étrangères.