# Thaler de Marie-Thérèse

> Le thaler de Marie-Thérèse est une grande pièce d'argent autrichienne qui porte presque toujours la date de 1780, année de la mort de l'impératrice. On le reconnaît à son buste voilé, à l'aigle bicéphale du revers et à la tranche en lettres « IUSTITIA ET CLEMENTIA ». Il a été frappé sans interruption pendant plus de deux siècles pour le commerce en Afrique et au Proche-Orient : la quasi-totalité des exemplaires rencontrés sont des refrappes officielles.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Pays | Autriche |
| Métal | Argent 833 ‰ (835 ‰ pour les frappes de Rome) |
| Poids | 28,07 g (28,0668 g théoriques) |
| Argent fin | 23,389 g |
| Diamètre | 40 mm environ (39,5 à 41 mm selon les ateliers) |
| Épaisseur | 2,5 mm |
| Millésime | 1780, figé depuis la mort de l'impératrice |
| Années de frappe | 1741 à 1780 avec date réelle, puis 1780 figé jusqu'à aujourd'hui |
| Ateliers | Günzburg (S. F.), Vienne, Prague, Kremnitz, Karlsburg, Hall, Milan, Venise ; puis Rome, Paris, Londres, Bruxelles, Utrecht, Birmingham, Bombay |
| Tranche | « IUSTITIA ET CLEMENTIA » en relief |
| Références | Hafner (classement des variétés 1780) ; KM# T1 pour les refrappes |

## Thaler de Marie-Thérèse : reconnaître la pièce

- **Avers** : Buste de Marie-Thérèse à droite, en veuve, avec un voile et une broche de perles sur l'épaule. Légende « M · THERESIA · D · G · R · IMP · HU · BO · REG · » (Marie-Thérèse, par la grâce de Dieu impératrice des Romains, reine de Hongrie et de Bohême). Les initiales « S. F. » figurent sous le buste.
- **Revers** : Aigle bicéphale couronné portant sur la poitrine un écu aux armes des possessions habsbourgeoises. Légende « ARCHID · AVST · DUX · BURG · CO · TYR · 1780 · X · » (archiduchesse d'Autriche, duchesse de Bourgogne, comtesse du Tyrol). Le petit sautoir « X » rappelle le pied monétaire de la convention de 1750.
- **Tranche** : Inscription en relief « IUSTITIA · ET · CLEMENTIA » (justice et clémence), entre des ornements. Elle servait de protection contre le rognage.
- **Graveur** : Les initiales S. F. ne sont pas celles d'un graveur : elles désignent Tobias Schöbl et Joseph Faby, responsables de l'atelier de Günzburg, dont le coin a servi de modèle à toutes les refrappes.

## Thaler de Marie-Thérèse : millésimes et tirages

Le millésime ne sert à rien pour dater un thaler 1780 : il faut regarder la **broche** de l'épaule (nombre de perles), les **initiales** sous le buste, le dessin de l'aigle (notamment la **queue**) et l'aspect général. Les frappes d'époque de Günzburg et les variétés anciennes de Vienne intéressent les collectionneurs ; les refrappes du XXe siècle forment l'essentiel des pièces rencontrées.

| Type | Millésime figé | Période de frappe réelle | Ateliers | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Thalers du règne | aucun : date réelle (1741 à 1780) | 1741-1780 | Vienne, Prague, Kremnitz, Hall, Günzburg et autres | Portraits successifs ; voile de veuve après 1765. |
| Type 1780 de Günzburg, broche de type I | 1780 | années 1780 à vers 1802 | Günzburg | Frappes d'époque signées S. F., les plus recherchées. |
| Type 1780 de Günzburg, signature T.S.-I.F. | 1780 | 1795-1797 | Günzburg | Signature des responsables suivants de l'atelier. |
| Vienne, broche à perles | 1780 | 1780 à 1853 environ | Vienne | Broche à 4 à 8 perles selon la variété. |
| Autres ateliers habsbourgeois | 1780 | fin XVIIIe à milieu XIXe siècle | Prague, Karlsburg, Kremnitz, Milan, Venise | Signatures propres à chaque atelier (A.H.-G.S., P.S.-I.K., S.K.-P.D.…). |
| Vienne, aigle à queue 1-3-1 | 1780 | depuis 1853 | Vienne surtout | Type le plus courant des refrappes. |
| Frappes de Rome | 1780 | à partir de 1935 | Rome | Concession italienne de 25 ans ; argent 835 ‰, pièce un peu plus légère. |
| Frappes britanniques et indiennes, queue 1-2-1 | 1780 | 1936-1961 | Londres, Bombay, Calcutta, Birmingham | Frappées en grand nombre, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. |
| Autres frappes étrangères | 1780 | XXe siècle (n. c.) | Paris, Bruxelles, Utrecht | Peu documentées ; à faire identifier. |
| Refrappes de la Monnaie de Vienne | 1780 | depuis 1946 | Vienne (Münze Österreich) | Plus de 49 millions d'exemplaires ; pièces neuves, souvent brillantes. |
| Imitations et faux | 1780 | XIXe-XXIe siècle | locales ou modernes | Poids souvent trop faible, métal parfois sans argent. |

Classement simplifié d'après le tableau des variétés de Leypold et Hafner publié sur theresia.name, et les articles Wikipédia (de, en). Environ 389 millions de thalers ont été frappés entre 1751 et 2000 ; aucun tirage par atelier et par période n'est disponible de façon fiable, d'où l'absence de colonne Tirage.

## Refrappe officielle, frappe d'époque ou imitation

Trois indices orientent : l'**aspect**, la **broche** et l'**aigle**. Une refrappe de la Monnaie de Vienne d'après 1946 arrive en général sans usure, avec des reliefs nets et un champ brillant ; une pièce d'un poids et d'un dessin corrects mais sans aucune trace de circulation est presque toujours une refrappe récente. Les frappes d'époque de Günzburg ont une broche d'un dessin particulier (type I du classement) ; les variétés viennoises anciennes ont une broche à perles, dont le nombre varie de quatre à huit. Au revers, les plumes de la queue de l'aigle, disposées en 1-3-1 depuis 1853 et en 1-2-1 sur les frappes britanniques et indiennes de 1936 à 1961, aident à classer les refrappes du XXe siècle.

Attention : aucun de ces indices ne suffit seul. Les initiales S. F. figurent aussi sur les refrappes, et certains détails dits « de refrappe » existent sur des pièces anciennes. L'attribution précise demande une comparaison avec le classement Hafner.

Les **imitations** de circulation, fabriquées localement en Afrique ou au Proche-Orient, pèsent souvent moins de 28 g et sont parfois en métal sans argent : elles se repèrent au poids. Les faux modernes destinés aux collectionneurs visent les variétés rares et se trahissent surtout par un poids inexact ou une tranche mal lettrée. Les contrôles de base sont dans le guide [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/).

## Ne pas confondre avec

**Les thalers de Marie-Thérèse à date réelle** (1741 à 1780), frappés de son vivant : le millésime varie et le portrait change selon les années. Un thaler daté 1780 n'en fait pas partie, sauf frappe d'époque de cette même année, difficile à prouver.

**Les thalers de convention** d'autres souverains de la même époque (Joseph II, Léopold II, princes allemands) ont un format proche, mais leur légende et leur portrait sont différents.

**Le tallero d'Érythrée**, créé par l'Italie en 1890 pour concurrencer le thaler dans la Corne de l'Afrique, porte le buste du roi Humbert Ier. Les **thalers de Ménélik II**, frappés pour l'Éthiopie, montrent l'empereur et le lion éthiopien.

Les **médailles et éditions spéciales** de la Monnaie de Vienne, comme la série de 2017 pour les 300 ans de la naissance de Marie-Thérèse, reprennent le portrait mais portent une autre date ou une mention commémorative. Enfin, les copies de souvenir en métal argenté pèsent nettement moins et sonnent mat. Pour les autres pièces d'argent, voyez la rubrique [monnaies d'argent](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-argent/).

## Les états de conservation de cette pièce

Beaucoup de thalers ont réellement circulé, parfois pendant des décennies, en Éthiopie, au Yémen ou dans le golfe Persique. L'usure se lit d'abord sur l'avers : les **plis du voile**, la **broche** et le haut du buste s'aplatissent en premier, puis la joue et le menton. Au revers, la couronne et les petits quartiers de l'écu central perdent leur dessin, ainsi que les plumes des ailes. La tranche lettrée s'use aussi : une inscription effacée ou des ornements écrasés trahissent un long usage.

Les thalers ayant servi en Afrique portent souvent des **marques** : poinçons de contrôle, coups, traces de bélière ou de soudure quand la pièce a été portée en parure. Ces traces racontent l'histoire de la pièce mais en font des exemplaires de moindre intérêt pour un collectionneur de variétés.

Les refrappes récentes, elles, sont neuves : les défauts à regarder sont les marques de contact et les taches. L'argent noircit avec le temps ; une patine régulière est normale. Le guide [nettoyer une pièce](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/nettoyer-une-piece/) explique pourquoi il ne faut pas la retirer, et le guide [états de conservation](https://numismatique-strasbourg.fr/guides/etats-de-conservation/) présente l'échelle utilisée.

## Histoire

Marie-Thérèse règne sur les possessions des Habsbourg de 1740 à 1780. Les premiers thalers à son nom sont frappés en 1741. En 1750, un nouveau pied monétaire fixe le thaler à un dixième de marc de Vienne en argent à 833 millièmes, soit environ 23,39 g d'argent fin ; la convention monétaire de 1753 avec la Bavière étend cette norme à une grande partie de l'Allemagne. Après la mort de l'impératrice en novembre 1780, les ateliers continuent de frapper son thaler avec la date de 1780, sans plus jamais la changer.

La pièce a été adoptée par les marchands bien au-delà de l'Europe : en Éthiopie dès le XVIIIe siècle, en Arabie, au Yémen, à Mascate et jusqu'en Inde. Les populations voulaient ce modèle précis, ce qui a obligé les puissances à le reproduire. Le 19 septembre 1857, François-Joseph en fait officiellement une monnaie de commerce ; le thaler cesse d'être monnaie légale en Autriche le 31 octobre 1858, mais sa frappe continue pour l'exportation.

Au XXe siècle, l'Italie obtient en 1935 une concession de frappe de 25 ans, puis la Grande-Bretagne en frappe des millions à Londres et à Bombay, notamment pour la campagne d'Afrique orientale pendant la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la concession, en 1961, l'Autriche demande aux autres pays de cesser leurs frappes ; le Royaume-Uni s'y range en 1962. La Monnaie de Vienne reste depuis le seul fabricant officiel. Retrouvez d'autres monnaies d'Europe centrale dans la rubrique [monnaies étrangères](https://numismatique-strasbourg.fr/monnaies-etrangeres/).

## Thaler de Marie-Thérèse à Strasbourg

Le thaler de Marie-Thérèse n'a pas circulé en Alsace, devenue française bien avant sa création. Son atelier d'origine, Günzburg, se trouvait en Souabe, dans l'Autriche antérieure, cet ensemble de possessions habsbourgeoises de l'Ouest auquel appartenait aussi la haute Alsace jusqu'en 1648. Dans les familles alsaciennes, on le retrouve surtout comme souvenir de voyage ou dans des collections de monnaies d'argent, presque toujours sous forme de refrappe.

## Questions fréquentes

### Mon thaler est daté 1780 : date-t-il vraiment de 1780 ?

Très probablement non. La date est restée figée après la mort de Marie-Thérèse et la pièce a été refrappée jusqu'à aujourd'hui. Seuls le dessin de la broche, de l'aigle et l'aspect de la pièce permettent d'estimer sa période de frappe.

### Les initiales S. F. prouvent-elles une frappe ancienne ?

Non. Elles désignent les responsables de l'atelier de Günzburg au XVIIIe siècle, mais le coin de Günzburg a servi de modèle à toutes les refrappes, qui portent donc aussi S. F.

### Combien de thalers de Marie-Thérèse ont été frappés ?

Environ 389 millions entre 1751 et 2000, dont plus de 49 millions par la Monnaie de Vienne depuis 1946. C'est l'une des pièces d'argent les plus frappées de l'histoire.

### Pourquoi mon thaler porte-t-il un trou ou un anneau ?

En Afrique de l'Est et au Proche-Orient, le thaler servait aussi de parure : on le perçait ou on y soudait une bélière pour le coudre ou le porter en collier. Ces traces sont fréquentes sur les pièces ayant circulé.

## Sources

- Wikipedia (en), Maria Theresa thaler
- Wikipédia (de), Maria-Theresien-Taler
- theresia.name, tableau des variétés du thaler 1780 (Leypold, Hafner)
- Numista, thaler de Marie-Thérèse, refrappe
- CoinVarieties, Burgau 1780-SF thaler
- Coinweek, Maria Teresa taler, coin of the centuries (II)
- gold.de, Maria-Theresien-Taler

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Source : https://numismatique-strasbourg.fr/pieces/thaler-marie-therese/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – STRASBOURG, Maison Or & Bijoux Strasbourg, 30 rue de Rathsamhausen, 67100 Strasbourg, 03 88 41 87 32. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
