Lire le type, l'atelier et la tranche
Un portrait d'homme barbu désigne Napoléon III : avec une couronne de laurier dans les cheveux, la pièce date de 1862 à 1870 ; tête nue, de 1855 à 1859. Une figure ailée signale le Génie, frappé de 1878 à 1914.
Sur les pièces impériales, la lettre d'atelier se lit au revers, en bas près du millésime : A pour Paris, BB pour Strasbourg. Aucun autre atelier n'a frappé ce module. En 1856 et 1857, seul Paris a travaillé ; en 1863, seul Strasbourg. Le Génie ne porte que la lettre A.
Pour le Génie, regardez aussi la tranche. Jusqu'en 1906, elle porte « DIEU PROTEGE LA FRANCE » ; à partir de 1907, « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Les catalogues en font deux types distincts (F.552 et F.553). Une pièce dont la tranche ne correspond pas à sa date doit être examinée de près. Le dernier millésime, 1914, a en réalité été frappé en 1921, à 1 281 exemplaires.
100 francs or : variantes et faux connus
Les variétés de la 100 francs or tiennent surtout aux pièces spéciales. En 1855, Paris a frappé une épreuve portant un A à l'avers, à tranche lisse, et des essais. Pour la tête laurée, BDOR signale des épreuves de 1861 sur flan bruni : une étoile à cinq branches y remplace l'abeille sous le cou, et une étoile à six branches tient la place de la lettre d'atelier. Des essais de 1862 et 1868 existent aussi.
Pour le Génie, l'année 1879 se partage entre deux différents, l'ancre simple et l'ancre barrée. Les 30 pièces sur flan bruni de 1878 et une émission sur flan bruni de 1900 complètent la liste, avec deux essais de 1878.
Ce module lourd a été imité, en or à bas titre ou en métal doré. Les signes d'alerte : un poids éloigné de 32,26 g, un diamètre différent de 35 mm, une tranche aux lettres mal alignées, des plumes d'ailes ou des cheveux sans finesse. Une pièce trop légère pour son volume ou d'une teinte trop jaune doit alerter. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille les contrôles.
100 francs or : les pièces à ne pas confondre
La 50 francs or reprend exactement les mêmes types, Napoléon III et Génie, sur un module de 28 mm pour 16,13 g : voyez la 50 francs or. Le revers indique « 50 FR » au lieu de « 100 FRS ». Le 20 francs Génie montre la même scène en beaucoup plus petit.
Après 1914, le nom de 100 francs passe à d'autres pièces. La 100 francs or Bazor des années 1929-1936, très rarement mise en circulation, est beaucoup plus petite et porte une Marianne. Les 100 francs commémoratives en argent (1982-2001) et les 100 francs en or modernes de la Monnaie de Paris sont des pièces de collection sans lien avec ce type.
Enfin, les monnaies d'or étrangères de taille voisine, comme la 50 pesos mexicaine (37 mm, 41,67 g), se distinguent tout de suite par leurs légendes.
100 francs or : les états de conservation
Le grand module garde les détails mieux qu'un 20 francs, ce qui rend l'usure facile à suivre. Sur Napoléon III, regardez d'abord les cheveux au-dessus de l'oreille et la pommette pour la tête nue, les nervures du laurier pour la tête laurée. Au revers impérial, l'aigle, le foudre et les maillons du collier de la Légion d'honneur s'usent avant le reste.
Sur le Génie, le haut du corps de la figure, l'épaule et les plumes des ailes perdent leur relief en premier, puis le plumage du coq. Au revers, les feuilles de la couronne perdent leurs nervures.
Avec 32 g, ces pièces se marquent fort au contact les unes des autres : coups sur la tranche, chocs dans les champs, rayures. Beaucoup de Génie du début du XXe siècle sont peu usés mais couverts de petites marques ; elles comptent dans la note d'état. Ne nettoyez jamais la pièce. Voyez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
100 francs or : histoire
La 100 francs or naît, avec la 50 francs, d'un décret du 12 décembre 1854. Frappée dès 1855 à Paris et à Strasbourg avec la tête nue de Napoléon III, elle prend la tête laurée en 1862. Les tirages restent modestes : ces grosses pièces servent aux paiements importants plus qu'à la vie quotidienne. La guerre de 1870 arrête la frappe impériale.
La IIIe République reprend le module en 1878 avec le Génie de Dupré, déjà utilisé sur le 20 francs. Les émissions de 1878 et 1889 accompagnent les Expositions universelles de Paris. Après quelques années presque vides, la frappe devient régulière de 1899 à 1913, entre 10 000 et 30 000 pièces par an. En 1907, la devise de la tranche change. La dernière date, 1914, n'est frappée qu'en 1921.
BDOR indique que la pièce est démonétisée par la loi du 25 juin 1928, qui fixe le nouveau franc dit Poincaré. Voyez les monnaies de la IIIe République et les monnaies d'or.