20 dollars or Liberty et Saint-Gaudens : variétés et faux connus
Le type Liberty se divise en trois. Le type I (1850-1866) n'a pas de devise religieuse et porte « TWENTY D. ». Le type II (1866-1876) ajoute « IN GOD WE TRUST » au-dessus de l'aigle. Le type III (1877-1907) écrit « TWENTY DOLLARS » en toutes lettres. Une variante célèbre de 1861, le revers modifié par Anthony Paquet, a été frappée à San Francisco avant d'être abandonnée.
Le Saint-Gaudens connaît aussi trois étapes. Le haut relief de 1907, daté en chiffres romains MCMVII, demandait plusieurs coups de presse : on le reconnaît à son relief profond. Le relief abaissé de fin 1907 et 1908 est daté en chiffres arabes, sans devise. À partir de 1908, le Congrès impose « IN GOD WE TRUST » au revers. En 1912, deux étoiles s'ajoutent sur l'avers pour le Nouveau-Mexique et l'Arizona.
Les faux sont nombreux. Beaucoup ont été frappés dans les années 1960 et 1970 pour répondre à la demande d'or au Moyen-Orient : ils contiennent souvent de l'or, parfois au bon poids. Les signes à chercher : un relief gonflé et flou, des initiales du graveur empâtées sous la date, de petites bosses ou des creux dans le champ, un champ trop brillant, une teinte d'or inhabituelle. Pour les dates rares, méfiez-vous aussi des marques d'atelier ajoutées ou retirées. Voir le guide reconnaître une fausse pièce.
20 dollars or Liberty et Saint-Gaudens : les pièces à ne pas confondre
Le 10 dollars or (eagle). Mêmes types Liberty puis tête d'Indien à partir de 1907, mais une pièce deux fois plus légère, d'environ 27 mm. Le revers porte « TEN D. » ou « TEN DOLLARS ».
Les refrappes modernes. En 2009, la Monnaie américaine a frappé un 20 dollars Saint-Gaudens en ultra haut relief, en or pur, daté MMIX : c'est une pièce de collection moderne. L'American Gold Eagle, depuis 1986, reprend la Liberté de Saint-Gaudens mais avec une famille d'aigles au revers et une valeur faciale de 50 dollars pour l'once.
Les médailles et copies souvenirs. Des reproductions dorées des deux types circulent, souvent marquées « COPY » ou sans aucune marque. Leur poids est très inférieur à 33,44 g.
Les 50 pesos mexicains. Une autre grosse pièce d'or (37,5 g d'or fin) parfois rangée avec les 20 dollars : voyez le 50 pesos or.
20 dollars or Liberty et Saint-Gaudens : les états de conservation
Sur le Liberty, regardez les cheveux au-dessus de l'œil et de l'oreille, puis le diadème : les lettres de « LIBERTY » s'estompent par le haut. Au revers, l'aigle s'use sur la tête, le cou et le haut des ailes ; les plumes deviennent une surface plate.
Sur le Saint-Gaudens, les points hauts sont la poitrine et le genou gauche de la Liberté, puis son visage et le flambeau. Le Capitole, très petit, perd vite ses détails. Au revers, ce sont les plumes de l'aigle sur l'aile et le corps qu'il faut examiner.
Beaucoup de 20 dollars ont dormi des décennies dans des sacs de 250 pièces dans les banques européennes. Ils ont peu circulé mais portent des marques de contact : petits chocs et rayures dans le champ, coups sur la tranche. Ces marques comptent plus que l'usure dans le jugement d'un collectionneur. Comme toujours, ne nettoyez rien : voir le guide nettoyer une pièce et l'échelle du guide états de conservation.
20 dollars or Liberty et Saint-Gaudens : histoire
La ruée vers l'or californienne pousse le Congrès à créer en 1849 une pièce de 20 dollars, le double de l'aigle de 10 dollars. Longacre en dessine le premier type, frappé en série dès 1850. Les ateliers de San Francisco, de La Nouvelle-Orléans et de Carson City, près des mines du Nevada, en produisent à côté de Philadelphie. À partir des années 1880, des millions de pièces partent vers l'Europe pour régler le commerce international, en sacs de 250 pièces.
Au début du XXe siècle, le président Theodore Roosevelt veut une monnaie plus belle et confie le 20 dollars au sculpteur Augustus Saint-Gaudens. Celui-ci meurt en août 1907, avant la fin du projet. Charles Barber, graveur en chef, abaisse le relief pour que la pièce soit frappée d'un seul coup.
En mars 1933, Franklin Roosevelt interdit la sortie d'or, puis ordonne fin 1933 la remise des pièces d'or au Trésor. La frappe de 1933 n'est jamais distribuée et la plupart des pièces des dernières années sont refondues. Celles qui avaient été envoyées en Europe ont échappé à cette fonte : elles ont été conservées dans des coffres et sont revenues sur le marché à partir des années 1940. Voir aussi les monnaies en or.