20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : variétés et faux connus
Belgique. Le portrait de Léopold II existe en deux versions : une barbe épaisse et grossière sur les premières années (1867-1870), puis une barbe plus fine à partir des années 1870. Certaines dates existent en position A et en position B, selon l'orientation du revers par rapport à l'avers. En 1914, Albert Ier fait frapper un unique millésime, en légende française ou flamande. Une variété de 1865 porte la signature fautive « L. WINNER ».
Italie. Sous Victor-Emmanuel II, la lettre d'atelier (T pour Turin, M pour Milan, R pour Rome) s'accompagne à Turin et Milan du monogramme « BN » de la Banca Nazionale. Sous Humbert Ier, toutes les pièces viennent de Rome. Les dates 1884, 1889, 1891, 1893 et 1897 sont signalées comme rares.
Suisse. Les Helvetia de 1893 et 1895 frappés avec l'or de la mine de Gondo, en Valais, se reconnaissent à un petit poinçon au centre de l'écu et à un or plus clair.
Les dates rares italiennes sont très souvent contrefaites, et une partie des exemplaires proposés seraient faux. Les faux d'époque ou récents peuvent contenir de l'or. Vérifiez poids et diamètre, la netteté de la tranche et la cohérence entre date, souverain et lettre d'atelier : un Humbert Ier marqué T ou M est suspect. Voir le guide reconnaître une fausse pièce.
20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : les pièces à ne pas confondre
Le 20 francs suisse Vreneli. Successeur de l'Helvetia à partir de 1897 : jeune femme à la tresse devant les Alpes, avec « HELVETIA ». Voir le 20 francs Vreneli.
Les 20 lires de Sardaigne. Avant 1861, Victor-Emmanuel II frappe déjà des 20 lires au même étalon, mais comme roi de Sardaigne : la légende ne porte pas « REGNO D'ITALIA ».
Les 20 lires de Victor-Emmanuel III. Frappés au XXe siècle, avec un autre portrait et d'autres revers ; plusieurs dates sont à très faible tirage.
Les autres pièces au même étalon. La Grèce, membre de l'Union à partir de 1868, a frappé des 20 drachmes ; l'Autriche-Hongrie, des 8 florins équivalant à 20 francs ; Monaco, des 20 francs à l'effigie de ses princes. Ces pièces ont le même module.
Le 20 francs français. Même module encore, mais avec « REPUBLIQUE FRANÇAISE » ou le nom de l'empereur : voyez le 20 francs Génie, le 20 francs Napoléon III et le 20 francs Coq.
20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : les états de conservation
Sur les belges, regardez la barbe et les cheveux de Léopold II au-dessus de l'oreille, puis la couronne et la crinière des lions du revers. Sur les italiens, la moustache et l'impériale de Victor-Emmanuel II, ou la moustache et les cheveux d'Humbert Ier, sont les premiers points à s'aplatir ; au revers, la croix de Savoie et le collier de l'ordre autour de l'écu perdent leur dessin. Sur l'Helvetia, la chevelure, le diadème et les feuilles de la couronne du revers sont les repères.
Ces pièces ont beaucoup circulé avant 1914 et ont souvent été montées en bijou : traces de soudure sur la tranche, anneau retiré, coups. Le brillant de frappe, ce lustre qui tourne dans le champ quand on incline la pièce, disparaît vite sur l'or circulé. Les rayures fines et parallèles trahissent un nettoyage. Pour une date courante, ces défauts comptent peu ; pour une date rare, ils pèsent lourd. Lisez le guide nettoyer une pièce et l'échelle du guide états de conservation.
20 francs belges, 20 lires et 20 francs Helvetia : histoire
Dans les années 1860, la France, la Belgique, la Suisse et l'Italie ont déjà des monnaies très proches, toutes héritées du franc germinal. La convention signée à Paris le 23 décembre 1865 fonde l'Union monétaire latine : les membres frappent leurs pièces d'or et d'argent aux mêmes poids et titres, et chaque État accepte celles des autres dans ses caisses publiques. La Grèce adhère en 1868.
Le 20 francs or est la pièce phare du système. La Belgique en frappe sous Léopold Ier puis massivement sous Léopold II, l'Italie sous Victor-Emmanuel II puis Humbert Ier, la Suisse avec l'Helvetia de 1883 à 1896 puis le Vreneli. Le surnom de « napoléon », donné en France à toutes ces pièces, et celui de « marengo », employé en Italie, témoignent de cette circulation commune.
La Première Guerre mondiale met fin à la convertibilité en or, et l'Union est dissoute en 1927. Beaucoup de pièces ont ensuite dormi dans les réserves bancaires et les familles, d'où leur fréquence actuelle. Voir aussi les monnaies en or et les monnaies étrangères.