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Monnaies françaises · Royales

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI

1641-1793 · Argent

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Strasbourg · mise à jour le

Écu aux lauriers en argent de Louis XVI, 1791, avers : buste du roi en habitÉcu aux lauriers de 1791, revers : écu aux trois lis couronné entre deux branches de laurier
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalArgent 917 ‰ (11 deniers)
Poids de l'écu27,45 g (1641-1709), 30,59 g (écu aux trois couronnes, 1709-1715), 29,488 g (1726-1793) ; poids variables entre 1716 et 1725
Diamètre37 à 41 mm selon le type
Années de frappe1641 à 1793
Nominal3 livres en 1641, 6 livres après la réforme de 1726
DivisionsDemi-écu, quart, cinquième, huitième, dixième, vingtième selon les époques
AteliersA (Paris), AA (Metz), B (Rouen), BB (Strasbourg), D (Lyon), K (Bordeaux), L (Bayonne), T (Nantes), W (Lille), & (Aix), 9 (Rennes) et une vingtaine d'autres
GraveurWarin, Roettiers, Duvivier selon le règne
Tranche« DOMINE SALVUM FAC REGEM » au XVIIIe siècle
RéférencesGadoury 217 (aux palmes), 229 (aux trois couronnes), 322 (au bandeau), 356 (Louis XVI) ; Davenport ; Droulers
Catégoriesfrançaises, argent

L'écu d'argent est la grosse pièce d'argent des rois de France, de 1641 à 1793 : environ 40 mm de diamètre et près de 30 g. On le reconnaît au portrait du roi d'un côté, aux armes de France ou à une croix de L couronnés de l'autre, avec une légende latine. Frappé pendant un siècle et demi dans une trentaine d'ateliers, il revient souvent dans les successions, parfois sous la forme d'un demi-écu ou d'une petite division.

Identification

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : reconnaître la pièce

Écu aux lauriers en argent de Louis XVI, 1791, avers : buste du roi en habit

Avers

Le buste ou la tête du roi, avec sa titulature latine abrégée, par exemple « LUD. XV. D. G. FR. ET NAV. REX » (Louis XV, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre). Sous Louis XV et Louis XVI, le roi est tourné vers la gauche.

Écu aux lauriers de 1791, revers : écu aux trois lis couronné entre deux branches de laurier

Revers

Selon le type : croix de huit L couronnés, couronnes ou insignes royaux, ou l'écu ovale de France couronné entre deux branches d'olivier. La légende est le plus souvent « SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM » (béni soit le nom du Seigneur), avec la date. La lettre d'atelier est placée sous l'écu ou au centre du revers.

Tranche
Inscrite « DOMINE SALVUM FAC REGEM » sur les écus du XVIIIe siècle ; Coinvarieties décrit une tranche lisse pour l'écu de Louis XIII.
Graveur
Jean Warin est souvent cité pour l'écu de Louis XIII, attribution discutée ; Norbert Roettiers pour l'écu aux trois couronnes ; Joseph-Charles Roettiers pour l'écu au bandeau ; Pierre-Benjamin Duvivier pour les écus de Louis XVI.
Millésimes et tirages

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : les dates à connaître

Avec une trentaine d'ateliers et plus de 150 ans de frappe, un tableau par date n'aurait pas de sens. Le tableau suit donc les types, règne par règne. Le poids indiqué est le poids légal : comparez-le au vôtre, c'est le premier contrôle. Pour les ateliers, quelques tirages relevés servent de repères.

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : millésimes et tirages
TypeRègneAnnéesPoidsRemarque
Écu blanc, dit louis d'argentLouis XIII1641-164327,45 gPremier écu frappé au balancier ; Paris 1643 : 208 634 (différent point) et 342 870 (différent rose)
À la mèche courteLouis XIVdès 164327,45 gRoi enfant, cheveux courts
À la mèche longueLouis XIVdès 165227,45 gUne longue boucle tombe sur l'épaule
Au buste juvénileLouis XIVannées 1660-168027,45 gDaté jusqu'en 1680 dans certains ateliers
Aux huit LLouis XIV1690-169327,45 gPremier type de la réformation, souvent refrappé sur d'anciens écus
Aux palmesLouis XIV1693-170127,45 gSurtout refrappé ; Paris 1694 : 848 079 plus des flans réformés
Aux trois couronnesLouis XIV1709-171530,59 gDernier type du règne ; Paris 1709 : 7 335 848
Types de la RégenceLouis XV1716-1725variablePoids modifiés à plusieurs reprises pendant le système de Law
Aux branches d'olivierLouis XV1726-174029,488 gÉcu de 6 livres ; Strasbourg 1738 : 517 925
Au bandeauLouis XV1740-177029,488 gCheveux noués d'un ruban ; Metz 1754 : 78 020
À la vieille têteLouis XV1770-177429,488 gPortrait du roi âgé
Aux branches d'olivier, buste habilléLouis XVI1774-179229,488 gSigné Duvivier ; Paris 1775 : 309 200 ; Strasbourg 1791 : 23 000
Écu constitutionnelLouis XVI1792-179329,48 gGénie gravant la Constitution, légende « REGNE DE LA LOI »

Types, poids et tirages relevés sur Coinvarieties, qui cite le répertoire Droulers, Davenport et Gadoury ; poids de 1641 et de 1726 recoupés avec Wikipédia. Les bornes de dates des types de Louis XIV varient selon les ateliers ; le type à la cravate et les types de la Régence ne sont pas détaillés.

Le poids, repère des réformes

L'écu blanc naît le 23 décembre 1641, un an après le louis d'or. Il pèse 27,45 g d'argent à 11 deniers, soit 917 millièmes, et compte pour 3 livres. Frappé au balancier, il est bien rond, ce qui rend la rognure visible.

Ce poids tient jusqu'en 1709. Entre-temps, de 1690 à 1709, le roi fait réformer les espèces : au lieu de refondre les écus, les ateliers les refrappent avec un nouveau dessin. En 1709, l'écu aux trois couronnes monte à 30,59 g. Sous la Régence, les poids changent plusieurs fois.

En 1726, la réforme menée sous le cardinal Fleury fixe l'écu à 29,488 g, au même titre, pour 6 livres. Ce poids ne bouge plus jusqu'à la fin de la monarchie, de l'écu aux branches d'olivier de Louis XV à l'écu constitutionnel de 1793.

La règle pratique : un écu nettement plus léger que le poids de son type est usé, rogné, percé et rebouché, ou faux. Pesez au centième de gramme.

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : variantes et faux connus

Les écus refrappés des années 1690 à 1709 sont la grande particularité de la série. On voit souvent, sous le nouveau dessin, des lettres ou des contours de l'ancien type. Ce n'est pas un défaut moderne, c'est la trace de la réformation, et les catalogues la signalent.

Les autres variantes tiennent aux différents : petits symboles du maître d'atelier et du graveur placés dans la légende. À Paris en 1643, l'écu de Louis XIII existe avec un point ou avec une rose. À Strasbourg, l'écu constitutionnel de 1793 porte « FRANÇAIS » au lieu de « FRANÇOIS ». Les écus frappés à Pau pour le Béarn ont une titulature propre.

Les faux d'époque, coulés ou en métal argenté, se reconnaissent à leur poids faible, à une surface granuleuse ou à une tranche aux lettres empâtées. Des copies modernes circulent aussi, souvent sur des types recherchés : relief mou, son mat, diamètre inexact. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille les contrôles.

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : les pièces à ne pas confondre

Le mot « écu » a servi pour plusieurs pièces. Avant 1640, l'écu d'or au soleil est une monnaie d'or, plus petite et sans portrait. Après la Révolution, on a continué d'appeler « écus » les pièces de 5 francs en argent : elles portent une légende française et une date du XIXe siècle.

Le demi-écu (environ 14,7 g pour 30,5 mm sous Louis XVI) reprend le dessin de l'écu ; seul son module l'en distingue. Les petites divisions (cinquième, dixième, vingtième) se confondent facilement entre elles : pesez-les.

Sous Louis XIV, les écus « de Flandre » frappés à Lille portent les armes de France et de Bourgogne : c'est une série à part. Enfin, l'écu aux branches d'olivier a beaucoup circulé en Allemagne du Sud et en Suisse, où il était appelé Laubtaler ; on en trouve avec une contremarque bernoise. Ce sont de vrais écus français, simplement marqués à l'étranger. Pour l'or de la même époque, voyez le louis d'or.

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : les états de conservation

Sur l'avers, l'usure attaque d'abord les reliefs les plus hauts : la chevelure au-dessus de l'oreille, le ruban ou le laurier, la joue et le drapé de l'épaule. Sur les écus de Louis XVI, regardez les broderies de l'habit : elles disparaissent vite.

Au revers, la couronne qui surmonte l'écu de France et les trois fleurs de lis sont les meilleurs repères. Quand les perles de la couronne ne se distinguent plus et que les branches d'olivier forment une masse lisse, la pièce a beaucoup circulé.

Les écus ont souvent été percés pour être portés, ou nettoyés pour briller. Un nettoyage laisse des rayures fines et un éclat blanc artificiel, qui font baisser l'état. Une patine grise ou dorée régulière, au contraire, est appréciée. N'y touchez pas : voyez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation.

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : histoire

L'écu d'argent fait partie de la grande réforme de Louis XIII, qui introduit le balancier à la Monnaie de Paris et remplace l'écu d'or par le louis d'or en 1640. La pièce d'argent prend alors le nom d'écu blanc ou de louis d'argent.

Sous Louis XIV, les guerres pèsent sur les finances et les réformations se succèdent. Dans le même temps, le nombre de livres attribué à l'écu augmente : 3 livres 6 sols en 1689, 5 livres en 1709. La période de Law, au début du règne de Louis XV, brouille encore les poids. La stabilité revient en 1726 : l'écu de 6 livres circule alors bien au-delà du royaume, jusqu'en Allemagne du Sud et en Suisse.

La dernière émission date de 1793. La pièce de 5 francs de 25 g la remplace ensuite. Pour le contexte, voyez les monnaies royales et les monnaies en argent.

À Strasbourg

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI en Alsace

L'atelier de Strasbourg, lettre BB, a frappé des écus sous Louis XV et Louis XVI. Le répertoire Droulers relève par exemple 517 925 écus aux branches d'olivier datés 1738 BB. Sous Louis XVI, Strasbourg ne frappe l'écu que certaines années (1775, 1778-1779, 1790-1791), en petites quantités : 23 000 pièces en 1791. En 1792-1793, l'écu constitutionnel de Strasbourg se distingue par sa légende « ROI DES FRANÇAIS », écrite à la manière moderne, alors que les autres ateliers gardent « FRANÇOIS ». Pour l'histoire de l'atelier, voyez les monnaies de Strasbourg.

Les écus d'argent, de Louis XIII à Louis XVI : questions fréquentes

Comment savoir de quel roi est mon écu ?

Lisez le début de la légende de l'avers : LUD. XIII, LUD. XIIII (Louis XIV), LUD. XV ou LUD. XVI. Le type du revers et le poids permettent ensuite de situer la période.

Mon écu montre des traces d'un autre dessin, est-ce un faux ?

Pas forcément. Entre 1690 et 1709, beaucoup d'écus ont été refrappés sur d'anciennes pièces, et l'ancien dessin reste parfois visible. Un numismate peut vous dire de quel type il s'agit.

Où se trouve la lettre d'atelier ?

Sur les écus du XVIIIe siècle, sous l'écu de France, au revers. BB indique Strasbourg, A Paris, AA Metz, D Lyon.

Quelle différence entre un écu et un demi-écu ?

Le dessin est le même, seul le module change : environ 29,5 g et 39 mm pour l'écu de Louis XVI, environ 14,7 g et 30,5 mm pour le demi-écu.