20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : variantes et faux connus
Ces règnes multiplient les petites variétés, que les catalogues distinguent soigneusement. En 1814, le chiffre 4 de la date existe en forme courte ou longue. En 1815, plusieurs ateliers de province ont regravé un 5 sur un 4 de l'année précédente (Bordeaux, Bayonne, Perpignan) ; Bayonne et Perpignan se distinguent aussi par la position de leur petit symbole, une fleur ou une grappe, posée à l'horizontale ou à la verticale.
Sous Charles X, la couronne du revers existe en deux gravures : à quatre feuilles et demie ou à cinq feuilles sur une branche. Comptez les feuilles à la loupe. Le 1830 de Paris porte parfois un 0 regravé sur un 9 (« 30 sur 29 »), et un petit nombre de pièces de 1830 ont une tranche cannelée au lieu de l'inscription. Sous Louis-Philippe, la tête nue de 1830-1831 se partage entre tranche en creux et tranche en relief.
Côté faux, deux pistes. Les dates rares (1816 L, 1822 H, 1845 A) attirent les lettres d'atelier et les chiffres retouchés : examinez le champ autour de la lettre et de la date. Des contrefaçons en or circulent aussi, souvent avec un portrait mou et une tranche mal alignée. Contrôlez 6,45 g, 21 mm et une inscription de tranche nette. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille la méthode.
20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : les pièces à ne pas confondre
Le 20 francs de Napoléon Ier a le même module et le même poids. Il se reconnaît à son portrait impérial et à la légende « EMPIRE FRANÇAIS » ou « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » : voyez le 20 francs or Napoléon Ier. Attention à 1815 : la même année porte des pièces royales et des pièces des Cent-Jours.
Le 40 francs or, frappé aussi sous Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, reprend les mêmes portraits mais pèse deux fois plus lourd et mesure 26 mm : voyez le 40 francs or. Les écus de 5 francs en argent de ces règnes portent aussi les mêmes têtes, sur un grand module de 37 mm (écus de 5 francs).
Après 1848, le 20 francs passe à la République, avec le 20 francs Génie et le 20 francs Cérès. Enfin, les catalogues signalent des épreuves sur flan bruni (1814, 1815, 1830, 1832, 1846) : leur surface en miroir les distingue des pièces de circulation.
20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : les états de conservation
Ces pièces ont circulé longtemps, souvent jusqu'à la fin du XIXe siècle : la plupart des exemplaires trouvés sont en TB ou TTB. Sur les portraits, regardez d'abord les cheveux au-dessus de l'oreille et la joue, qui se lissent les premiers. Sur le buste habillé de 1814-1815, les plis et broderies de l'habit disparaissent vite. Sur la tête laurée de Louis-Philippe, les nervures des feuilles de laurier sont le meilleur repère.
Au revers de la Restauration, l'écu aux fleurs de lys et la couronne qui le surmonte s'usent avant les branches de laurier. Les fleurs de lys perdent leur relief central. Au revers de Louis-Philippe, suivez les feuilles de la couronne : en TTB, elles restent distinctes ; en TB, elles forment une masse continue.
Un exemplaire SUP garde de l'éclat d'origine autour des lettres. Ne nettoyez pas ces pièces : le frottement laisse des micro-rayures définitives. Voyez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
20 francs or Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe : histoire
La loi du 7 germinal an XI (1803) fixe le 20 francs à 6,45 g d'or à 900 millièmes. À la chute de l'Empire en 1814, Louis XVIII garde ce système et remplace seulement le portrait et les légendes. Pendant les Cent-Jours, Napoléon reprend la frappe ; une partie des 20 francs royaux de 1815 est alors produite à Londres pour le compte du roi en exil.
De retour, Louis XVIII adopte en 1816 un portrait au buste nu, gravé par Michaut, qui sert jusqu'en 1824. Charles X lui succède avec un portrait du même graveur. La révolution de juillet 1830 porte Louis-Philippe au trône : le titre « ROI DES FRANÇAIS » remplace « ROI DE FRANCE », et l'écu aux lys disparaît du revers. Après une tête nue de Tiolier, la tête laurée de Domard s'impose en 1832.
Le nombre d'ateliers frappant l'or se réduit au fil du temps : neuf lettres sous Louis XVIII, puis surtout Paris et Lille sous Louis-Philippe. La révolution de 1848 clôt la série. Ces pièces gardent leur pouvoir libératoire bien après leur règne et circulent jusqu'en 1914. Pour le contexte, voyez les monnaies du XIXe siècle.