Monnaies gauloises : les pièces à ne pas confondre
Les monnaies de Marseille (Massalia), colonie grecque, ont circulé en Gaule dès le VIe siècle avant notre ère : oboles et drachmes d'argent au style grec, avec légende grecque. Elles ont servi de modèle à des imitations gauloises, notamment dans la vallée du Rhône, mais elles relèvent des monnaies grecques.
Les petits bronzes romains très usés, surtout les imitations coulées du IIIe siècle, sont parfois pris pour des gaulois : regardez s'il reste une trace de portrait impérial ou de légende latine, et voyez la fiche des monnaies romaines.
Les monnaies celtiques d'Europe centrale, comme les petites pièces d'or bombées que les Allemands appellent « Regenbogenschüsselchen », relèvent d'autres peuples celtes, même si quelques-unes ont été trouvées dans le Rhin supérieur.
Enfin, beaucoup de reproductions sont vendues dans les boutiques de musées et de sites archéologiques : souvent en laiton, au poids incorrect, avec parfois une marque discrète au revers. Un statère d'or « en parfait état » doit éveiller la méfiance.
Monnaies gauloises : variantes et faux connus
Chaque type gaulois se décline en nombreuses classes : un point de plus devant le sanglier, une mèche en plus, un symbole sous le cheval suffisent à changer d'attribution. Les catalogues de vente de CGB distinguent ainsi plus d'une dizaine de classes du seul potin leuque. C'est pourquoi l'identification se fait en comparant la pièce aux planches du La Tour et du Delestrée-Tache, détail par détail.
Les statères d'or sont les plus copiés, et pas seulement aujourd'hui : dès l'Antiquité, des pièces fourrées à âme de bronze recouverte d'or ont circulé. Les faux modernes sont souvent coulés, avec une surface granuleuse, des bulles et un relief mou ; d'autres sont frappés avec des coins récents, plus difficiles à repérer. Un poids trop faible ou trop fort, une couleur trop vive pour un or gaulois souvent pâle ou rougeâtre, un style trop « propre » sont autant d'alertes.
Pour les potins, la difficulté est inverse : ce sont des pièces coulées par nature. On regarde alors la patine, l'alliage et la netteté des contours. Le guide reconnaître une fausse pièce rappelle les contrôles de base.
Monnaies gauloises : les états de conservation
Une monnaie gauloise se juge d'abord sur ce qui reste visible du type. Sur l'avers, la ligne du profil, l'œil et les mèches de cheveux s'effacent en premier ; sur le revers, la tête et les pattes du cheval, puis les symboles du champ. Comme les coins étaient souvent plus grands que les flans, une pièce bien centrée, où l'on voit le cheval entier, est recherchée, indépendamment de l'usure.
Les potins, coulés dans un alliage tendre, ont souvent des contours flous dès l'origine : un potin net, où l'on lit tous les détails, est rare. Leur patine, brune, verte ou noire, doit être stable ; une corrosion poudreuse vert clair ou des cratères signalent une pièce qui continue de se dégrader.
L'or gaulois ne se corrode pas, mais il marque : petits coups, traces d'essai à la pointe ou à la lime faites par des marchands anciens. Ne nettoyez pas une monnaie gauloise : la patine et les dépôts de terre aident aussi à juger de l'authenticité. Voir le guide états de conservation.
Monnaies gauloises : histoire
Les Gaulois découvrent la monnaie au contact des Grecs de Marseille, puis, à partir du IIIe siècle avant notre ère, se mettent à copier le statère d'or de Philippe II de Macédoine, frappé au IVe siècle et arrivé en Gaule par les mercenaires et le commerce. Le profil d'Apollon et le char à deux chevaux sont repris, puis transformés peuple par peuple jusqu'à l'abstraction : le char devient un cheval seul, l'aurige quelques traits.
Au IIe et au Ier siècle, les monnaies se diversifient : petites pièces d'argent dans le centre-est, alignées sur le quinaire romain, bronzes frappés et potins coulés pour les petits échanges. Certains chefs inscrivent leur nom : le statère d'or de Vercingétorix, frappé chez les Arvernes, en est l'exemple le plus connu. Chez les Séquanes, les noms de Togirix et de Q. Docius apparaissent sur des pièces présentes dans les fossés d'Alésia.
Après la conquête, les émissions gauloises se raréfient et disparaissent au début du Ier siècle de notre ère, remplacées par les monnaies romaines. La règle de provenance est la même que pour toute monnaie antique : l'usage d'un détecteur de métaux pour chercher des objets archéologiques demande une autorisation (article L542-1 du Code du patrimoine). Voir la rubrique monnaies anciennes.