Monnaies grecques : les pièces à ne pas confondre
Une monnaie portant une légende grecque n'est pas forcément « grecque » au sens des catalogues. Les monnaies provinciales romaines, frappées dans les cités de l'est de l'Empire jusqu'au IIIe siècle de notre ère, ont des légendes grecques mais le portrait d'un empereur : elles se classent avec les monnaies romaines provinciales. Les monnaies byzantines, plus tardives, ont aussi des légendes grecques, mais des types chrétiens.
Les imitations antiques sont nombreuses : chouettes frappées hors d'Athènes, notamment en Orient, tétradrachmes « barbares » des peuples du Danube copiant ceux de Philippe II, statères gaulois dérivés du même modèle (voir les monnaies gauloises).
Enfin, beaucoup de reproductions modernes de la chouette d'Athènes sont vendues comme souvenirs en Grèce ; la chouette figure aussi sur la face nationale de la pièce grecque de 1 euro. Une chouette « en argent » trop régulière, trop brillante, au flan parfaitement rond, n'est presque jamais antique.
Monnaies grecques : variantes et faux connus
Pour un même type, les variantes tiennent aux symboles et monogrammes ajoutés par les magistrats, aux ateliers (les tétradrachmes d'Alexandre ont été frappés dans des dizaines d'ateliers, reconnaissables à leurs symboles) et au style, qui évolue d'une génération à l'autre. Les chouettes archaïques ont un œil de face et un sourire figé ; les chouettes classiques, frappées en masse au Ve siècle, sont souvent décentrées, avec une partie du casque d'Athéna hors du flan.
Les monnaies grecques comptent parmi les plus copiées. Dès l'Antiquité, des pièces fourrées, à âme de cuivre, circulaient, d'où les entailles d'essai. Au début du XIXe siècle, Carl Wilhelm Becker a gravé des coins imitant plusieurs centaines de monnaies grecques ; une étude de 1924 en recense environ 360. Aujourd'hui, des copies frappées de très bonne facture visent surtout les chouettes, les décadrachmes de Syracuse et les tétradrachmes au portrait. Signes d'alerte : poids qui s'écarte de l'étalon, style trop sec, patine uniforme, cassure de flan trop nette. Voir le guide reconnaître une fausse pièce.
Monnaies grecques : les états de conservation
Sur une monnaie grecque, on regarde d'abord les reliefs de la divinité : sur Athéna, l'œil, les feuilles d'olivier du casque et la boucle d'oreille ; sur Héraclès, les mèches de la peau de lion et la joue ; sur Aréthuse, les cheveux et les dauphins. Au revers, les plumes de la chouette, la tête et le bras de Zeus, les jambes des chevaux. Le haut relief de ces monnaies les rend sensibles à l'usure, qui efface d'abord les points les plus saillants.
D'autres critères comptent autant : le centrage, souvent médiocre ; la qualité du coin, parfois fendu ou usé avant la frappe ; les entailles et les marques de banquiers ; les traces de monture quand la pièce a été portée en bijou. L'argent antique prend une patine grise ou irisée ; une pièce blanche et brillante a souvent été nettoyée, ce qui en diminue l'intérêt.
Ne cherchez pas à nettoyer une monnaie grecque. Le guide états de conservation présente les termes utilisés (TB, TTB, SUP) et leur sens.
Monnaies grecques : histoire
Les premières pièces sont des globules d'électrum, alliage naturel d'or et d'argent, frappées en Lydie et dans les cités grecques d'Ionie ; les plus anciennes connues ont été trouvées sous le temple d'Artémis à Éphèse. Au milieu du VIe siècle, le roi de Lydie Crésus sépare l'or et l'argent. Les cités grecques adoptent la monnaie d'argent : Égine avec ses tortues, puis Athènes, qui grâce aux mines du Laurion fait de sa chouette, vers 515 avant notre ère, la monnaie d'échange de toute la Méditerranée.
Chaque cité choisit son étalon et son emblème, ce qui explique la variété des poids d'une région à l'autre. En Sicile, Syracuse produit au Ve siècle des décadrachmes signés par leurs graveurs. Philippe II de Macédoine frappe un statère d'or largement diffusé, et son fils Alexandre impose un tétradrachme d'argent à Héraclès et Zeus, que ses successeurs et de nombreuses cités frappent encore deux siècles après sa mort.
Les royaumes nés de son empire mettent ensuite le portrait du roi sur les monnaies. La période hellénistique s'achève avec la bataille d'Actium en 31 avant notre ère ; les cités de l'Orient romain continueront à frapper des bronzes à légende grecque. Toute monnaie antique doit avoir une origine licite : la recherche au détecteur de métaux est encadrée par le Code du patrimoine (article L542-1).